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Areva, symbole du malaise énergétique français

AFP PHOTO DDP/MICHAEL URBAN GERMANY OUT

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La gestion du dossier Areva, au bord du gouffre, va être déterminante. La chute d’un nouvel acteur majeur de l’énergie pourrait fragiliser encore davantage le secteur.

Depuis plusieurs mois, l’avenir d’Areva est au centre de l’attention des médias, des politiques et des investisseurs. Championne du nucléaire français, mais aussi acteur majeur de l’éolien offshore, l’entreprise est confrontée à des pertes abyssales (4,8 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires en baisse à 8,3 milliards).

Incertitudes économiques

La situation actuelle d’Areva n’est pas seulement le résultat des incertitudes sur l’avenir du nucléaire en France et dans le monde. C’est tout le secteur français de l’énergie (nucléaire, hydrocarbures, énergies renouvelables, équipements pour les réseaux) qui connaît un passage à vide. Certains ont déjà flanché, comme Alstom, dont l’activité « énergie » (73% du chiffre d’affaires du groupe) a été cédée à l’Américain General Electric en 2014. D’autres, font grise mine : EDF et GDF-Suez ont perdu 30% de leur valeur boursière en cinq ans, Nexans (câbles électriques) 50% en quatre ans.

Alors qu’il s’agit normalement d’un secteur apprécié des investisseurs pour sa stabilité, l’énergie connaît des turbulences d’une rare intensité depuis quelques années. Les causes économiques sont nombreuses : guerre des prix entre gaz de schiste et pétrole, perte de rentabilité des centrales électriques au gaz face au charbon (bon marché) et aux énergies renouvelables (prioritaires sur le réseau)… Il devient très difficile de savoir ce qui sera rentable dans quelques années, élément essentiel quand les investissements se chiffrent en milliards et nécessitent plusieurs décennies pour être amortis.

Incertitudes politiques

En parallèle, l’amateurisme politique a fini de rendre illisible le fonctionnement du marché de l’énergie. La gestion des dossiers Areva et Alstom est d’ailleurs symptomatique : on assiste à une cacophonie de déclarations ministérielles. Ségolène Royal a ainsi réussi à faire perdre 9% au cours de Bourse d’EDF en une semaine après avoir déclaré que l’électricien pourrait fusionner avec Areva.

Dans ce contexte, la transition énergétique est mal engagée en France. Les choix du gouvernement actuel seront-ils conservés après 2017 ? Après 2022 ? La fin du soutien de l’Etat au développement du solaire en 2010 a constitué un précédent inquiétant, conduisant les entreprises spécialisées à la banqueroute. Qu’en sera-t-il pour l’éolien terrestre (dont le cadre réglementaire ne cesse de changer) ? Pour l’éolien offshore, dont les appels d’offres publics sont en deçà des objectifs fixés pour 2020 ?

Faute de cadre clair, les investisseurs ne vont pas se bousculer. Et ce sont les entreprises françaises qui vont le plus en souffrir. Ne pouvant s’appuyer sur un marché domestique stable, elles peineront à se développer à l’international. C’est ce qui s’est déjà produit pour Alstom et Areva.

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