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2015, retour vers le futur énergétique

Il aura fallu attendre jusqu’à la fin de l’année 2014, plus de deux ans après son annonce, pour savoir enfin à quoi ressemblera la transition énergétique « made in France » ! Et encore, de nombreuses incertitudes demeurent. Incertitudes d’autant plus importantes que le gouvernement s’évertue à ne pas prendre de décisions et à les détricoter lorsqu’il le fait. A ce rythme, la France risque d’être un hôte peu crédible de la COP 21, conférence internationale sur le climat en décembre 2015.

Cadran de Retour vers le futur au 1er janvier 2015

Lost in transition

En 2014, le gouvernement devait enfin s’atteler à définir ce qu’il entend par « transition énergétique », projet de loi à l’appui. Effectivement un texte a été écrit, mais la cohérence de l’ensemble n’est pas évidente et la procédure d’examen accélérée n’a pas aidé à y voir plus clair. Les travaux de l’Assemblée nationale sur le texte de loi ont d’ailleurs brillé par leur caractère brouillon : chacun allant de sa proposition sans connaissance précise du sujet.

L’examen en février 2015 du projet de loi au Sénat, passé à droite, sera probablement très différent. Cette fois, l’opposition challengera vraiment les propositions du gouvernement, et surtout, ce seront des sénateurs spécialistes de l’énergie qui mèneront les débats. Un vrai piège pour le gouvernement !

Une fois votée, la Chambre haute ne pouvant s’opposer durablement à l’Assemblée nationale, la loi risque de connaître une mise en application très aléatoire. La quatrième ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, est en effet une spécialiste de la remise en cause des décisions déjà actées : tarifs réglementés de l’électricité, écotaxe, interdiction des feux de cheminée, les exemples ne manquent pas. Un comble, alors même que les questions énergétiques, très lourdes économiquement, nécessitent une vision à long terme !

Y a-t-il un pilote dans l’avion électrique ?

Le gouvernement ne pourra cependant pas faire l’impasse en 2015 sur son rôle de planificateur. A très court terme (2016), l’électricité risque de manquer en hiver. Situation à laquelle est déjà confrontée la Belgique, qui se prépare à de possibles blackouts dans les prochaines semaines. Mal géré, le marché de l’électricité a conduit à la disparition des capacités de gestion des pointes de consommation pendant les vagues de froid.

On ne pourra pas non plus faire l’économie en 2015 d’une décision claire sur l’avenir du parc nucléaire. L’an prochain, l’ASN (l’Agence de sûreté nucléaire) commencera à émettre des avis sur la possibilité de prolonger l’activité des réacteurs, âgés d’une trentaine d’années en moyenne. Toutefois, prévoir de fermer ne serait-ce qu’une centrale relève déjà de la gageure ! Pourtant, si l’on s’en tient au texte de loi de la transition énergétique, il faudra déterminer avant fin 2015 quelle centrale sera fermée et remplacée par l’EPR, opérationnel (normalement) en 2017.

Quelques points positifs sont tout de même à mettre au crédit du gouvernement. Les investissements d’avenir et les 34 plans de reconquête industrielle sont en train de faire naître de nouvelles activités économiques. Les projets consacrés aux énergies renouvelables marines, dont les appels d’offres pour l’éolien offshore, commencent à se traduire par la création de nouvelles usines sur le littoral français. De même, la France est en train de devenir une référence mondiale dans le domaine des réseaux et des villes intelligentes. Dommage qu’une partie du potentiel industriel français dans ces activités à forte croissance soit passée sous pavillon américain au printemps.

2015, le jour d’après

Ainsi empêtré dans ses effets d’annonces et son immobilisme de fait, il y a peu de chances que le gouvernement français constitue un hôte crédible pour la COP 21 en décembre 2015. En plus de la politique française du « un pas en avant et deux pas en arrière », la situation internationale ne joue pas en faveur d’une transition énergétique planétaire favorable au climat. Au-delà des problèmes franco-français, la guerre déclarée entre le pétrole et les gaz de schiste est en train d’aboutir à un effondrement des prix des énergies fossiles. Le pseudo accord sino-américain sur le climat n’est pas non plus un signe encourageant. Dans ces conditions, la France risque de peser bien peu lors de ces négociations cruciales !

Aux annonces volontaires des débuts succèdent les reculades. Le gouvernement français semble avoir choisi pour devise la célèbre citation d’Henri Queuille : « Il n’est aucun problème assez urgent en politique qu’une absence de décision ne puisse résoudre ». Après trois années de politique énergétique hasardeuse, 2015 risque de s’avérer encore plus compliquée que les précédentes pour un exécutif qui navigue, au mieux, à vue.

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