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Vers un échec de la transition énergétique en Allemagne

éolienne cassée« Que la transition énergétique réussisse et c’est l’avenir de l’Allemagne qui est assuré. Qu’elle échoue, et c’est un danger pour l’industrie ». Pour la première fois, Angela Merkel évoque publiquement un possible échec de l’« Energiewende ». Ce pessimisme n’est certainement pas étranger aux annonces du premier énergéticien du pays, E.ON, qui vont sérieusement secouer l’économie allemande.

Jusque-là, E.ON était présent à la fois dans la production d’électricité à partir d’énergies fossiles et renouvelables. Mais la concurrence sans cesse accrue des éoliennes et panneaux solaires, subventionnés, a rompu l’équilibre tout relatif entre les pertes des centrales thermiques et la rente de l’électricité verte.

Depuis les débuts du « tournant énergétique », E.ON accumule les dépréciations d’actifs : 4,5 milliards d’euros pour la seule année 2014, à cause de ses centrales à gaz et charbon principalement. Confronté à une situation qui ne peut que se détériorer, le groupe a décidé de tout miser sur les énergies renouvelables et les réseaux intelligents, et de se séparer du reste.

E.ON fait cavalier seul

A première vue, cela ressemble à un plébiscite de la politique d’Angela Merkel : créer des champions des énergies vertes qui sont l’avenir du secteur. C’est sans compter le coût pour l’économie allemande de la nouvelle stratégie d’E.ON. En se développant massivement dans le renouvelable, sans plus se préoccuper de l’équilibre du système énergétique, le choix du groupe allemand va nuire à tous les autres.

En Allemagne, l’électricité est deux fois plus chère qu’en France pour les ménages. Ils supportent seuls les taxes qui servent à soutenir le développement de l’électricité verte. Les entreprises sont, elles, exemptées pour ne pas grever leur compétitivité. Mais, cette situation ne va plus pouvoir durer très longtemps : l’Allemagne va être confrontée à un véritable mur financier.

L’Allemagne, perdante à tous les coups

En investissant massivement et brutalement dans les énergies renouvelables, E.ON va faire flamber le coût de la politique de soutien à ces énergies, déjà coûteuse. En parallèle, le groupe allemand veut vendre ses centrales à charbon et à gaz, mais à qui ? Elles perdent de l’argent, mais sont nécessaires pour assurer l’approvisionnement en électricité quand il n’y a ni vent ni soleil. L’hypothèse la plus probable est donc une entrée au capital de l’Etat ou des Länder : nouvelles dépenses publiques. Idem pour les centrales nucléaires qui sont aussi bazardées et doivent être déconstruites, le coût sera probablement « socialisé ».

Face à ce défi, l’Allemagne a deux solutions. Soit le pays soutient mordicus la fuite en avant d’E.ON, et fait payer l’addition aux contribuables et aux autres entreprises, réduisant le pouvoir d’achat et la compétitivité. Soit le gouvernement arrête les frais, provoque la faillite d’un fleuron industriel et détruit des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur.

Quel que soit le choix du gouvernement d’Angela Merkel, l’économie allemande va connaître de sérieuses turbulences très prochainement. Pour survivre, E.ON fait cavalier seul et semble avoir pris exemple sur les grands groupes bancaires européens et américains pendant la crise financière : « Too big to fail ».

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