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Energie, la France a-t-elle sa place en Chine ?

Kim Kyung-Hoon, Reuters

Kim Kyung-Hoon, Reuters

Agriculture, automobile, aéronautique… à l’occasion de la visite, du 25 au 27 mars, du président chinois Xi Jinping, la France espère multiplier les contrats dans tous les domaines. Dans ce cadre, le secteur de l’énergie compte faire la démonstration de ce qu’il peut apporter à l’Empire du Milieu.

Malgré son statut de première consommatrice mondiale d’énergie, la Chine s’est jusqu’à présent montrée peu accueillante pour les entreprises françaises. Seuls quelques groupes ont réussi à s’implanter localement : EDF et Areva dans le domaine du nucléaire et Alstom dans celui des équipements destinés aux barrages hydroélectriques.

La donne a changé

Boostée par une consommation effrénée de charbon (plus de 80% de l’électricité totale produite), la Chine se retrouve aujourd’hui face aux propres limites de son modèle de développement. L’épais nuage de pollution qui recouvre les principales villes du pays est devenu un enjeu de santé publique majeur. A tel point que le Premier ministre, Li Keqiang, a récemment déclaré « la guerre au smog ».

Pour répondre à cette volonté de réduire la pollution et par corollaire l’utilisation du charbon, la France a de sérieux atouts à faire valoir. En plus des spécialistes du nucléaire déjà bien présents, des groupes comme GDF-Suez commencent à rencontrer quelques succès pour développer l’usage du gaz naturel et les usines de valorisation énergétique des déchets, comme à Nantong. La visite du chef d’Etat chinois est aussi l’occasion de présenter les réseaux électriques intelligents « made in France », domaine dans lequel l’Empire du Milieu a déjà investi près de 100 milliards de dollars et va continuer à investir.

Client ou concurrent ?

La Chine semble donc encline à s’ouvrir plus largement aux entreprises françaises spécialistes de l’énergie. Cependant, la déconfiture européenne dans le domaine des panneaux photovoltaïques est révélatrice des rapports de force qui s’exercent. La filière européenne n’a en effet pas résisté au rouleau compresseur industriel chinois (plus de 80% de la production mondiale), et l’ouverture d’une enquête de la commission européenne sur le dumping chinois (qui a entraîné un effondrement des prix) a fait long feu.

Surtout, au moment où l’économie française dispose encore d’atouts technologiques mais tourne au ralenti, l’Empire du Milieu dispose de sérieux leviers de négociation. Du propre aveu de Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement, « on n’échappera pas » aux transferts de technologies si les entreprises françaises veulent profiter de l’immense marché intérieur chinois.

C’est donc dans un jeu à double tranchant que s’engagent les groupes français de l’énergie. Les contrats qui pourraient être signés à la suite de la visite du président Xi Jinping ne doivent pas se limiter à des objectifs à court terme. Pour profiter durablement de l’essor économique chinois, il faudra tirer les leçons du naufrage industriel de la filière photovoltaïque.

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