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La transition énergétique : une ambiance électrique

éolienne-orage A l’approche de la publication des premiers rapports d’étape du débat sur la transition énergétique, le dialogue de sourds devient manifeste.

Le PDG d’EDF, Henri Proglio, s’est prêté au jeu des questions-réponses, jeudi 18 avril, devant une partie des acteurs du débat national sur la transition énergétique. Son intervention résume à elle seule le gouffre qui oppose les entreprises de l’énergie et les militants écologistes. Interpellé par le député EELV Denis Baupin sur une dégradation de l’état du parc nucléaire, le grand patron répond, lapidaire, « je suis directement en désaccord total » (sic). Surtout, le PDG d’EDF remarque que les opposants au nucléaire ont beau jeu d’employer « un salmigondis de chiffres et de dates sans véritable cohérence » pour décrédibiliser la sureté et le modèle économique de la filière nucléaire. Du côté des écologistes, Bruno Rebelle, ancien cadre de Greenpeace et membre du comité de pilotage du débat sur la transition énergétique, évoque « la morgue et le mépris » d’Henri Proglio. Le divorce est total.

Cet épisode est loin d’être la seule passe d’armes entre les différents camps. L’Union Française de l’Electricité s’en est prise début avril à l’organisation Négawatt à laquelle est reprochée « une approche irrationnelle » de l’évolution de la demande énergétique française. Cette semaine, c’est le groupe de contact des entreprises qui est pris pour cible, après avoir évoqué la préservation de la compétitivité française grâce au faible coût de l’électricité nucléaire. Greenpeace, qui a pourtant refusé de participer au débat, dénonce ainsi des « lobbies obsédés par le mythe du nucléaire ». Bruno Rebelle, encore lui, parle de son côté  de « raisonnement illogique voire irresponsable ».

L’ambiance actuelle est délétère. Des débats de fond il y en a finalement peu, comparés aux polémiques et aux attaques qui naissent toutes les semaines. Des personnages comme Bruno Rebelle, censés assurer le pilotage du débat, ajoutent de l’huile sur le feu au lieu d’assurer le bon déroulement des échanges.  Nicolas Hulot constate ainsi : « Ce que je trouve dommage, c’est qu’on ne puisse pas discuter autrement que dans la tension. […] Il faut des lieux où l’on puisse discuter et élaborer le futur de manière apaisée ».

Le mieux serait peut-être de commencer par prêter l’oreille aux attentes des Français. Pour eux, on peut à la fois maintenir le nucléaire, développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

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