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Plus d’énergies vertes, moins d’énergies fossiles : comment et à quel prix ?

Le 6 novembre l’agence de notation Moody’s a publié une analyse sur le secteur de l’énergie en Europe. Elle y revient spécifiquement sur l’impact de l’essor des énergies renouvelables sur la production électrique à partir des carburants fossiles.

L’électricité verte concurrente de celle produite à partir des hydrocarbures

Dans son étude, l’agence de notation américaine constate que les capacités de production électrique issues des renouvelables « ont en pratique remplacé des capacités thermiques traditionnelles, et réduit les prix et les écarts de prix de l’électricité de gros ». En résumé, les énergies renouvelables sont désormais compétitives par rapport aux hydrocarbures. Elles le sont car l’amortissement des investissements est bien meilleur. A la différence des centrales thermiques, une fois construites, les installations productrices d’électricité verte ont  un coût d’utilisation quasi-nul : le vent ou le soleil sont gratuits. De leur côté, les évolutions des cours des énergies fossiles rendent l’exploitation des centrales thermiques très coûteuse.

Une phase de transition délicate entre les sources d’énergie

Et pourtant Moody’s a dégradé la note financière d’entreprises comme Dong (danoise) ou RWE (allemande) très investies dans le développement de l’éolien offshore. Cette situation provient du fait que ces énergéticiens sont avant tout des exploitants de centrales thermiques. Par conséquent, ils se trouvent actuellement dans une situation financière délicate du fait que les parcs éoliens ne sont pas encore rentabilisés tandis que leurs factures d’hydrocarbures s’envolent.

La création d’un marché de capacité : une solution pour résoudre ce dilemme ?

Pour permettre aux électriciens européens de gérer cette phase délicate de transition, les décideurs publics réfléchissent désormais à mettre en place « un marché de capacité ». Il s’agirait de rémunérer la capacité à produire plutôt que la production elle-même. L’intérêt est d’inciter à maintenir les centrales installées et de favoriser l’économie d’énergie pour garder des marges de manœuvre en période de pics de consommation. Bref donner une valeur pécuniaire à l’électricité qui n’est pas produite. Mais un tel mécanisme s’annonce très lourd financièrement pour les deniers publics et in fine pour le contribuable.

La compétitivité des énergies décarbonées face aux hydrocarbures redonne espoir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Toutefois,  la question d’une gestion de la transition, assurant que le besoin en énergie soit satisfait en permanence et que l’on évite les blackouts, n’est pas résolue. Les pistes avancées pour y répondre peuvent passer par la régulation économique, à travers de l’instauration d’un marché de capacité, et également les avancées technologique (stockage, réseaux intelligents).  

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