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De 75 à 50 % de nucléaire, sans changement

Interrogé sur RTL le 4 octobre par Jean-Michel Apathie, Henri Proglio livre une vision troublante du paysage énergétique français dans dix ans. Si aujourd’hui, la part de 75% du nucléaire dans la production électrique française est une réalité incontestée, les 50% en 2025, promis par François Hollande lors de sa campagne, pourraient être atteints… sans rien faire ! C’est du moins la position défendue par le patron d’EDF.

Les projections du PDG d’EDF

En 2025, la France comptera « 6 millions d’habitants en plus, car la démographie est une certitude » explique l’invité de Jean-Michel Apathie. Henri Proglio ajoute ensuite que « la consommation  par habitant d’énergie électrique continue d’augmenter d’année en année […] tous les nouveaux modes de vie, notamment de déplacement [la voiture électrique], utilisent de plus en plus d’énergie électrique ». La déduction logique est que la demande en électricité va continuer de croître : l’électricité venant se substituer à d’autres formes d’énergie, à commencer par les hydrocarbures.

Ainsi, selon les projections d’Henri Proglio, le niveau d’électricité total produit, en 2012, ne couvrirait que « 60 % des besoins d’électricité » de la France de 2025.  Dans un tel schéma, sans fermer (ni  ouvrir) la moindre centrale nucléaire, nous passerions, en un peu plus de dix ans, de 75 % à 45 % d’électricité d’origine nucléaire. Pour couvrir le reste (55 %, contre 25 % aujourd’hui), il faudra toujours recourir à d’autres sources (charbon, gaz, hydraulique, éolien, solaire etc.).

Pour le nucléaire, le changement, c’est ni maintenant, ni plus tard

 Présentée comme ambitieuse, la réduction de la part du nucléaire ne l’est finalement plus tant que ça : rien ne change dans l’absolu, c’est juste la part relative du nucléaire qui diminue. Fermeture de Fessenheim et maintien de la construction de l’EPR de Flamanville, c’est un jeu à somme nulle. François Hollande contente (momentanément) les anti-nucléaires et rassure (un peu) l’industrie du nucléaire.

La part de l’énergie atomique plafonnée, le vrai challenge du passage de 75 à 50% du nucléaire dans le mix énergétique français c’est de déterminer quelles seront les énergies choisies pour combler la demande croissante d’électricité. Là, l’affichage politique ne suffira plus. Il faut dès à présent une politique volontariste de développement des énergies nouvelles pour assurer la sécurité énergétique française en 2025.

 

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